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La Galerie Quadri - Ben Durant
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Quelques expositions depuis 1996 :
Michèle GROSJEAN, Hermes Alchimica
Théodore KOENIG et le petit Phantomas
Serge VANDERCAM, La Reine de la Nuit
Robert WILLEMS, La Rançon et la gloire
À couteau tiré, "Surréalisme et avatars"
Michèle Grosjean, Ex-voto pour pigeon voyageur
Sous les ailes d'Hypnos, "Surréalisme et Marges"
Michèle GROSJEAN Hermes Alchimica 11 septembre 1996 - 5 octobre 1996 Qui n'a entendu parler de l'Alchimie, de la pierre philosophale ou du Grand Oeuvre auquel les occultistes du moyen âge travaillaient dans le secret de leur laboratoire ? Selon la tradition populaire, ils tentaient de transformer le plomb en or et nombreux furent les princes qui voulurent partager leur " fortune ".
L'origine de l'Alchimie remonte à la nuit des temps, les premiers adeptes étaient-ils forgerons ? Cet art sacré nous vient-il d'Égypte ou d'Inde, mystérieusement transmis par les Gitans ? L'Alchimie préfigure-t-elle la chimie ? Et surtout quel était ce formidable secret qu'elle tentait de percer ?
Ne serait-il pas plus raisonnable d'y voir une métaphore de la condition humaine qui plonge ses racines terrestres dans la spiritualité pour accéder à l'intériorité de l'être et la richesse de sa pensée ?
Michèle GROSJEAN (Bruxelles, 1943) fait revivre à travers sa peinture la quête d'un univers mystérieux, magique; tout comme l'alchimiste en quête de perfection, elle mélange les couleurs, faisant du rouge et du noir l'or de la trame ; elle colle les éléments telluriques, décode la mort symbolique et assiste à la renaissance de l'être.
Au-delà de la beauté formelle, Michèle GROSJEAN nous invite à contempler différents stades de lecture.
Théodore KOENIG et le petit Phantomas Collages récents et les présences complices de Armand Permantier, Jean Raine, Robert Willems, Maurice Wyckaert. 16 octobre 1996 - 19 novembre 1996. Colleur de mots, collagiste de papiers, cofondateur de Phantomas, Théodore Koenig - enfant terrible des Lettres belges et parisien d'adoption - revient à Bruxelles le temps de quelques hommages (au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles). Chez Quadri, il montrera des collages récents - papiers déchirés sur barquette de cythère - rejoints à la cimaise par un petit Phantomas : Jean Raine (1927-1986) et ses encres débridées, mi-fugue, mi-Cobra, Armand Permantier (1895-1960), faux naïf mais vrai surréaliste d'obédience cézannienne avec des portraits parus dans la revue, Robert Willems (1926) et ses dessins saturés d'humour vif et Maurice Wyckaert (1923-1966), récemment disparu avec quelques toiles - paysages.
Théodore Koenig (Liège, 1922) co-fonde la revue Phantomas en 1953 avec Joseph Noiret, Marcel Havrenne et les frères Picqueray ; elle sera durant 25 ans le facteur convergent entre Dada, Cobra et Surréalisme, entre poésie et peinture, entre la Belgique et l'Italie, on y retrouvera - outre les sus-nommés - Baj et Broodthaers, Bertini et Vandercam, Dangelo et Mariën, Manzoni et Dotremont, Bram Bogart et Fontana. Phantomas connut une exposition rétrospective au Musée d'Ixelles en 1975.
Serge VANDERCAM La Reine de la Nuit 20 novembre - 14 décembre 1996 Serge VANDERCAM (Copenhague, 1924) sera au fil du temps et au grès des courants - tour à tour - photographe dans l'équipée Cobra, peintre (il reçoit le prix de la Jeune Peinture en 1956), graveur, sculpteur (de boues avec son ami Christian DOTREMONT), céramiste, collagiste (sur des poèmes de Joseph NOIRET), décorateur ("L'Homme de Tollund" pour Michèle NOIRET), récemment il a conçu le trophée pour le festival du cinéma de Berlin et celui du théâtre pour la revue bruxelloise Tenue de Ville.
Pour la présente exposition, Serge VANDERCAM a oeuvré sur le thème mozartien de la Flûte Enchantée et plus particulièrement sur le personnage ambigu de la Reine de la Nuit, femme ou sorcière, la voici terrible et flamboyante sur toile et sur papier ou jaillie du Grand Feu, céramiques éclaboussées ou badigeonnées de bleus cobalt et d'étoiles filantes. Pour la circonstance, QUADRI publiera une plaquette à tirage limité avec une texte symbolique de Mchel Doutreligne rehaussé d'une illustration de l'artiste.
Coïncidence agréable, La Flûte Enchantée sera au programme du Théatre de la Monnaie à la même époque.
Robert WILLEMS La Rançon et la gloire 22 janvier - 16 février 1997 Robert Willems (Bruxelles, 1926) fréquenta très jeune la planète surréaliste, grâce à son oncle le poète Paul Colinet, ainsi fit-il la connaissance de Scut et Irène Hamoir, de René Magritte, plus tard de Marcel Mariën, des frères Piqueray et de Christian Dotremont. En 1947, il entame la série non-sensique des "Difficulteurs" avec l'oncle Paul, ils exposent ensemble à l'Exposition internationale du surréalisme, galerie Maeght à Paris. Puis viendra l'aventure Phantomas avec Théodore Koenig, Joseph Noiret et les frères Picqueray dont il illustrera nombre de recueils. Souvent sollicité pour orner des textes, outre ceux de Colinet, on le verra avec Tom Gutt, Roger Kerger ou dans le "Fait accompli" de Mariën. La galerie Isy Brachot (Bruxelles) l'expose en 1977. En 1986, il voyage avec les Irréguliers du langage de Paris à Séville, en passant par Dunkerque. Préfacé par Louis Scutenaire en 1974 et par Irène Hamoir, on le retrouve tout naturellement dans la manifestation Irène, Scut, Magritte and co au Musée d'art moderne de Bruxelles en 1996. On retrouvera chez Quadri - à travers encres de chine et acryliques récentes - la tendresse et l'humour de l'univers onirique de Robert Willems.
À couteau tiré "Surréalisme et avatars" 1997 Exposants : Rachel Baes, Marcel-Louis Baugniet, Paul Colinet, Pierre Demarne, Édouard Jaguer, Paul Joostens, Jacques Lacomblez, Marcel Lefrancq, Henry Lejeune, René Magritte, Marcel Mariën, Meret Oppenheim, Armand Simon, Robert Willems.
Catalogue : 68 pp., 36 illustrations en bichromie.
Couverture : Pierre Radisic.
Textes : Pierre Demarne, Édouard Jaguer.Du manifeste publié par André Breton en 1924 à sa mort en 1966, le surréalisme a connu bien des péripéties et des avatars, mêlant onirisme et politique, chahuts et scandales, écriture automatique et art brut, cadavre exquis et alchimie ; le mouvement connut un essor mondial et se réfugie, le temps d'une guerre dans le Nouveau Monde où il fit école et ramena une nouvelle moisson de créateurs. Notre pays connut un surréalisme riche, autonome et bicéphale : le Hainaut avec Achille Chavée, Marcel Lefrancq et Armand Simon ; Bruxelles avec René Magritte, Paul Nougé, Louis Scutenaire, Paul Colinet et Marcel Mariën. Les rapports avec André Breton et le groupe parisien seront riches mais houleux ; après-guerre, c'est le mouvement "Phases" créé par Édouard Jaguer en 1953, qui jouera la continuité dans le changement, Jacques Lacomblez en sera notre représentant tandis que Phantomas privilégiera le côté littéraire où exerceront Robert Willems et Paul Colinet. L'exposition montrera peintures, collages, objets, dessins, sculptures, photographies et documents qui prouveront l'inventivité caustique et nécessaire du surréalisme, de la suissesse Meret Oppenheim aux français Pierre Demarne et Édouard Jaguer, on croisera aussi les peintures de Rachel Baes, les collages de Marcel-Louis Baugniet et Paul Joostens, les objets de René Magritte et Marcel Mariën, les photographies de Marcel Lefrancq, des dessins de Henry Lejeune, Armand Simon ou Robert Willems... soit une quarantaine d'oeuvres présentées pour l'occasion dans un catalogue illustré de 68 pages.
Michèle Grosjean Ex-voto pour pigeon voyageur 28 janvier - 21 février 1998 Michèle Grosjean aime la peinture et les thèmes riches d'histoires ou de légendes. Après la mythologie grecque et son mystérieux labyrinthe en 1994, on se souviendra de sa série alchimique chez Quadri en 1996.
L'histoire débute au Botanique, en route pour visiter l'Irrévérence de René Magritte, elle trébuche sur la carcasse semi-momifiée d'un pigeon-voyageur, le squelette nettoyé a curieusement conservé ses ailes empennées.
Elle le ramasse et l'emporte.
Durant ses dernières vacances en Turquie, elle visite la Vallée des Pigeons en Cappadoce puis découvre en Égypte les délices du pigeon farci.
Faute de trouver un pigeon momifié dans le panthéon pharaonique, elle apprend que Champollion découvrit en 1828 le secret des vases-canopes : conserver les viscères de la future momie. Elle s'applique alors à modeler un pigeon-canope bandeletté dont elle tire une édition en bronze pour la présente exposition.
Souvenirs crus d'un abattoir spécialisé dans la volaille et le Colombidé en Brabant flamand, elle en ramène plumes, bagues et les croquis préparatoires d'une table de sacrifice.
Michèle Grosjean amalgamme, colle, découpe, enlumine, peint et transcende alors le malheureux volatile en Ex-voto pour pigeon voyageur.
Il n'y a pas que les soldats qui meurent inconnus.
Sous les ailes d'Hypnos "Surréalisme et Marges" 4 mars - 6 avril 1998 Exposants : Pierre Alechinsky, Mogens Balle, Jean-Louis Bédouin, Gilles Brenta, Jacques Calonne, Paul Colinet, Salvador Dalí, Pierre Demarne, Christian Dotremont, Anne Ethuin, Jane Graverol, Édouard Jaguer, Théodore Koenig, Jacques Lacomblez, Marcel Lefrancq, Man Ray, E.L.T. Mesens, Joseph Noiret, Jean Raine, Jean-Claude Silbermann, Armand Simon, Serge Vandercam, Ragnar Von Holten, Robert Willems.
Catalogue : 80 pp., 40 illustrations.
Couverture : Pierre Radisic.
Troisième et dernière partie d'un triptyque surréaliste inauguré en 1995 avec le Rasoir sous la plaie, poursuivi en 1997 avec À couteau tiré, Sous les ailes d'Hypnos clôture avec un surréalisme connu, muséal et classique (Salvador Dalí, Man Ray, Paul Colinet, E.L.T. Mesens, Marcel Lefrancq, Jane Graverol, Armand Simon) et des marges, encore peu ou prou fréquentées : " Cobra " (1948, Pierre Alechinsky, Morgen Balle, Jacques Calonne, Christian Dotremont, Joseph Noiret, Jean Raine, Serge Vandercam), " Phases " (1953, Édouard Jaguer, Anne Ethuin, Jean-Louis Bédouin, Jacques Lacomblez, Jean-Claude Silbermann), " Phantomas " (1953, Théodore Koenig, Joseph Noiret, Paul Willems) et la dernière génération avec le bruxellois Gilles Brenta et le suédois Ragnar Von Holten.
Soit 25 artistes et écrivain, une soixantaine d'oeuvres (peintures, photos, sculptures, collages et éditions originales), des textes inédits (André Blavier, Pierre Demarne, Christian Dotremont, Édouard Jaguer et Joseph Noiret) réunis en un catalogue qui témoigne de la perpétuelle et nécessaire irrévérence du surréalisme en cette fin du XXe siècle.
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