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Septembre 1997

QUADRI

Quadri

Depuis 1987, la Galerie Quadri (dirigé par Ben Durant), dont les catalogues sont particulièrement soignés, rend compte avec passion de l'activité plastique en Belgique, autour du surréalisme et de son héritage proche ou lointain.

Voir les expositions de la galerie Quadri

Voici les catalogues dont nous disposons des exemplaires.


Jacques Calonne, Par coups détachés, 1990, 28 pp., 16x28 cm., 35 FF - 7 $US.
Textes : Christian Dotremont (1970), Michel Doutreligne (“ Enfin Cobra ”), repères biographiques de Jacques Calonne. Nombreux documents photographiques et œuvres de Jacques Calonne.

Jacques Calonne is borned in Mons (Belgium) in 1930. He joins the Cobra group in 1949. Friendship with Christian Dotremont and Pierre Alechinsky. Participation at the meetings and the exhibition L'Objet à travers les âges in Brussels.
Since 1954, as composer, first travel in Darmstadt where he meets Karl Heinz Stoekhausen and Bruno Maderna. Often played by Pierre Boulez.
In 1956, participation with Asger Jorn, Constant and Enrico Baj at the first world-wide free artists Congress in Alba (Italy).
Early in the seventies, musical participation at the Biennale di Venezia, works with india inks on musical papers and paintings on canvas ; from 1972 to 1973, lives in Berlin where he meets John Cage.
1976 : indic inks on lance catalogues next on wall-papers in 1985 ;
1990 : he composes the music for the film dedicated to the sculptor Reinhoud.


Jacques Calonne, Facéties et compagnie de Christian Dotremont, 1991, 92 pp., 17x24 cm., 150 FF - 30 $US.
Texte : Jacques Calonne. Préface : Pierre Alechinsky. Mise en page : Michel Olyff. Nombreux documents photographiques, reproductions de manuscrits et dessins de Christian Dotremont. Frontispice : Jacques Calonne et Christian Dotremont (“ à toi de jouer ”, dessin - logogramme, 1977). Couverture : deux photographies de Christian Dotremont allant et sortant du coiffeur à Bruxelles en 1953.

" Je suis l'expérimentateur type, disait-il, j'expérimente pour me projeter hors de ma vie. "
Seul dans sa chambre, il lui arrivait de crier à tue-tête certains mots danois dont la sonorité, comique à ses oreilles, détenait un pouvoir : remonter le moral.
Même en plein été il ne rangeait jamais son manteau, le gardait toujours à portée de la main. Sûr de le retrouver pour l'hiver. Et pour " nier le temps ".
Disait Dotremont : " Mon horloge ne reconnaît pas l'heure. "
L'avant-dernière fois que j'ai vu Christian, c'était au buffet de la gare centrale. Nous venions d'accompagner un ami danois qui rentrait à Copenhague. Assis qu'un en face de l'autre, nous buvions un verre avant de nous séparer. " Regarde un peu, me dit-il, ce que lit cette fille à la table derrière toi. " Je me retourne, jette un coup d'oeil : Le Participe passé.
Jacques Calonne, p.87


Rachel Baes, L'Accent grave du rêve, 1993, 12 pp., 16x28 cm., 35 FF - 7 $US.
Textes : Michel Hallers (“ L'Accent grave du rêve ”), Marcel Mariën (“ Pour répondre à une question de Ben Durant ”, liste des expositions et bibliographie de Rachel Baes ; 8 reproductions.

Pour répondre à une question de Ben Durant
Dans l'art du portrait, le détail le plus saillant assure la ressemblance.
INGRES
Tout ce que je puis spontanément vous dire, c'est que Jane Graverol rêvait d'être attachée et fouettée, et que la seule parole que Rachel Baes m'ait adressée - tout à trac et sans explication - c'est qu'elle avait peur de moi. Pour le reste, les deux femmes se ressemblaient : au berceau, comme la moitié des quatre filles du Dr March ; au bout de la vie, comme Bette Davis et Gloria Swanson (ou vice versa).
J'ajouterai que Rachel Baes m'a ému un instant, vers 1948, alors que nous entourions Paul Éluard venu prononcer une conférence rue Neuve, dans un cinéma aujourd'hui disparu. La conférence portait sur le bien-fondé de l'épouvante stalinienne. Magritte était présent, Nougé peut-être, Scutenaire sûrement. Rachel portait un tailleur long dont le bas était bordé de fourrure. C'est la première fois que je la voyais, et cette sorte de bouée animale autour des hanches me donna envie de son corps. Mais l'on n'a pas coutume de tenir les actes que l'on n'a pas accompli comme faisant partie de la " réalité ". La vie n'est un songe que pour ceux qui ne les éprouvent pas.
Je sais encore - par delà les on-dit - qu'elle survivait péniblement à un grand amour tragique. Il avait été le seul de sa vie.
Elle mourut dans l'extrême solitude. C'est en repoussant les imprimés publicitaires qui obstruaient la boîte aux lettres, que le facteur l'aperçut sans vie, étendue sur le sol du vestibule, habillée pour sortir.
Sortie, elle l'était, sans avoir dû ouvrir la porte. Cela se passait à Bruges-la-morte. Les mots rimaient comme font parfois les choses.
Marcel Marien
Octobre 1992


Armand Simon, Le Rêveur somptueux, 1994, 20 pp., 16x28 cm., 35 FF - 7 $US.
Textes : Pol Bury (“ Pol Bury à Armand Simon ”), Armand Simon (“ Armand Simon ”), Marcel Mariën (“ Sans préface ”), Camille de Taeye (“ Angst ”), biographie, liste des expositions et bibliographie d'Armand Simon ; 19 reproductions.

SANS PREFACE
Cher monsieur Durant,
Je ne peux hélas vous satisfaire car je ne sais à peu près rien d'Armand Simon, je l'ai tout juste entrevu une ou deux fois et son œuvre, comme tout œuvre, se définit par elle-même sans commentaires.
Bien, à vous
Marcel Mariën
24 août 1993.

La rougeur des crépuscules
ne peut effrayer que les mortels
J'ai préféré la cruauté
André Breton - Philippe Soupault
Les Champs magnétiques, 1920


Le Rasoir dans la plaie, “ Dada et surréalisme ”, 1996, 44 pp., 16x28 cm., 60 FF - 12 $US.
Textes : Robert Willems (“ Petite conversation avec Robert Willems ”), renseignements bio-bibliographiques et commentaires sur chaque œuvre reproduite. Œuvres reproduites : Rachel Baes, Marcel-Louis Baugniet (2 illustrations), Paul Delvaux, Pierre Demarne, Paul Joostens, Jacques Lacomblez, Marcel-G. Lefrancq, Marcel Mariën (5 illustrations et couverture recto), Matta, Armand Simon (2 illustrations), Robert Willems (1 illustration et couverture verso).

Il semble que le surréalisme, non seulement n'existe pas mais en outre qu'il n'a jamais existé
Marcel Mariën, 1992
Le surréalisme voudrait l'homme riche de ses rêves.
Pierre Demarne, 1994
Un jeune homme visite une exposition de René Magritte, il y rencontre le Maître et déclare :
- Moi aussi je suis surréaliste.
- Non, rétorque Magritte, d'ailleurs je ne vous connais pas !
Jack Henriquez, 1994


Serge Vandercam, Le Jeu de la fée et de la sorcière, 1996, 4 pp., 15x21 cm., 20 FF - 4 $US.
Texte : Michel Doutreligne. Couverture : Serge Vandercam.

Nulle tentative ici, dérisoire, d'illustration non du texte, puéril, mais de l'inaccessible Grand Œuvre mozartien, bien cette salle aux miroirs où se jouent sons et signifiés en un mystère de reflets et de fusions. Fi de lacunaires exégèses et de rituéliques parallèles, caduc ainsi le bas manichéisme du Bien et du Mal (en quoi, notamment, le pouvoir, teinté d'exclavagisme, de Sarastro serait-il emblématique du Bien ?), vraiment aux mains de Serge Vandercam la Reine de la Nuit retrouve ses vertus, et dramatique son vécu, de Magicienne. Double non seulement - comme entée d'un “ oisal ”, vieux compagnon de l'officiant - mais plurielle d'avatars jaillis dans une céramique de haute maîtrise toujours, cette effarante - effarée flamboie de ses noirs (Serge V. a un secret éprouvé de ces ténèbres ambiguës) en un crépuscule qui laisse, par les feux d'aubes restés, creuset au sol ou à de vagues horizons, ignorer s'il envahit ou s'il commence de fuir.
Ce qui soutient la Magie, c'est, sans doute, cette présence par la trace gardée vive du faire dans le fait, aboli le passé simple de l'acte - fecit - pour approfondir le ressenti au présent : on sait, à Serge Vandercam, une constance, ce souci opératif de maintenir, dans l'acte de peindre, de sculpter ou de malaxer, l'étreinte entre la main instrumentale et l'image qui en éclôt. Jusqu'à travailler cette fois, en une série de petites métamorphoses de la nocturne souveraine, la “ materia frima ” de la main gauche, comme pour transmettre, empreint, du tellurique que la main droite, à l'ordinaire mieux experte mais sous les dangers d'une coutumière civilisation, risquerait de véhiculer avec moins de sens premier.
Fantômes que leur règne et leur errance à la fois tiennent à merci d'une nuit minérale, toutes ces reines - mais elles ne sont qu'Une - semblent hanter à jamais landes et forêts d'une région du Romantisme - territoire intérieur s'entend - que la Flûte enchantée creusa jusqu'aux effrois de la Gorge aux loups de Weber. (Jacques Lacomblez, Infosurr, n° 8, novembre 1996)


À couteau tiré, “ Surréalisme et avatars ”, 1997, 68 pp., 16x28 cm., 36 illustrations en bichromie, 150 FF - 30 $US.
Textes : Pierre Demarne (“ Les Surréalistes, citoyens du monde ”), Édouard Jaguer (“ André Breton : changer la vie - changer la vue ”), renseignements bio-bibliographiques et commentaires sur chaque œuvre reproduite. Œuvres reproduites : Rachel Baes (3 illustrations), Marcel-Louis Baugniet, Paul Colinet (3 illustrations avec Robert Willems), Pierre Demarne, Édouard Jaguer, Paul Joostens, Jacques Lacomblez (2 illustrations), Marcel Lefrancq, Henry Lejeune, René Magritte (2 illustrations), Marcel Mariën (4 illustrations et reproduction du tract “ De la coupe aux lèvres ”), Meret Oppenheim, Armand Simon (3 illustrations), Robert Willems (2 illustrations et couverture verso), reproduction de l'affiche d'André Breton, “ Autoportrait : l'écriture automatique ” (1938) et des photographies de Jean-Pol Stercq. Couverture : Pierre Radisic.

La galerie bruxelloise Quadri fête cette année ses dix ans d'existence, décennie au cours de laquelle elle a, sous la houlette de Ben Durant, organisé de nombreuses expositions consacrées au surréalisme ou à des compagnons de route, tels, entre autres, Jacques Calonne, Christian Dotremont, Armand Simon, Jacques Lacomblez ou Serge Vandercam. Dans son cadre à la fois dépouillé et accueillant, elle présente pour l'occasion, un ensemble intitulé À couteau tiré, “ Surréalisme et avatars ”, qui reprend quelques-uns des artistes familiers de ses cimaises.
On y trouve ainsi quelques toiles de Rachel Baes à l'atmosphère onirique et théâtralisée, plusieurs dessins célèbres de Robert Willems sur des textes de Paul Colinet, des photomontages de Marcel Mariën, quelques huiles de Pierre Demarne qui signe également " Les Surréalistes citoyens du monde ", l'un des textes du catalogue, dans lequel il rappelle l'engagement du surréalisme dès 1949 envers le mondialisme de Gary Davis. Quelques objets aussi : un étonnant cendrier signé René Magritte, une “ boucle souterraine ” de Meret Oppenheim, qui voisinent avec un très beau collage de Paul Joostens, ou des reliures aux couleurs hautement symboliques de Marcel Mariën. Les dessins d'Armand Simon et d'Henry Lejeune dont la filiation de l'œuvre avec celle de son aîné est évidente, évoquent, en quelques traits l'univers égarant de Maldoror...
Le mouvement Phases est enfin dignement représenté par les fascinants paysages intérieurs de Jacques Lacomblez, dont certains datent des années 50. Si la comparaison avec des œuvres plus récentes également exposées montre l'évolution d'une peinture attachée à rendre les plus secrets murmures de la matière ou de la pensée, elle permet aussi d'en percevoir la continuité et l'exceptionnelle cohérence.
Édouard Jaguer, le fondateur de Phases, présente quant à lui, de très belles encres de chine, dont la plus ancienne date de 1944 et qui montre, si besoin en était, que le rapprochement futur de leur auteur avec le surréalisme et “ Cobra ”, était inévitable. C'est d'ailleurs lui qui rédige le texte le plus important du catalogue, reprenant l'intégralité de la conférence prononcée par l'auteur au Château de Saint-Cirq-Lapopie en juillet dernier lors des commémorations du centenaire d'André Breton. Ce texte, intitulé “ Changer la vie, changer la vue ”, rappelle le parcours plastique de l'auteur de Nadja ainsi que son attachement pour “ l'exaltation réciproque ” du mot et de l'objet. (Claude Arlan, Infosurr, n° 12, avril 1997)

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