Actualité d'André Breton, suite - Mexique
Les rencontres internationales "Le Noyau de la comète", André Breton 1896-1996, à l'occasion du centenaire d'André Breton et en hommage à Jean Schuster, ont été un succès si l'on en juge par l'affluence (il a fallu chaque fois refuser du monde), la fidélité et la jeunesse du public, les échos dans la presse et à la télévision. Octavio Paz est venu magistralement conclure le colloque. Les invités français tiennent à remercier chaleureusement tous les organisateurs et plus particulièrement Lourdès Andrade, Philippe Ollé Laprune, Jean-Claude Thoret et René Tascedda, qui ont su donner à cette manifestation intellectuelle le sens d'une fête de l'amitié.
(Claude Courtot, n° 3, avril 1996)
"Le Noyau de la comète", André Breton 1896-1996, Mexico, Centre national des arts de Mexico et Musée Rufino Tamayo, 7-8 mars 1996. Organisation : Institut Français d'Amérique Latine (département culturel de l'Ambassade de France), Université nationale autonome de Mexico et Conseil national pour la culture et les arts. Conférences : Alfonso Alfaro, Lourdès Andrade, Alberto Blanco, Fabienne Bradu, Adolfo Castañon, José de la Colina, Ignazio Diaz de la Serna, José Maria Espinasa, Juan Hernandez, Ernesto Hernandez Busto, Hugo Hiriart, Evelyne Laroche, Juan Negrin, Alberto Ruy Sanchez, Luis Mario Schneider, Aida Sierra, Danubio Torres Fierro, Raphael Vargas, Luis Xavier Lopez. Invités français : Jean-Louis Bédouin, Henri Béhar, Jean-Jacques Brochier, Claude Courtot, Jean-Michel Place, Dominique Rabourdin, Gérard Roche, Georges Sebbag.
Revue :
Vuelta, numéro spécial André Breton, Mexique, Mexico, n° 232, mars 1996. Directeur : Octavio Paz. Textes : André Breton, Yves Bonnefoy, Léonora Carrington, Julien Gracq, Octavio Paz, Jean Schuster.
Études :
Fabienne Bradu, Breton en Mexico, Mexique, Mexico, Editorial Vuelta ("El gabinete literario"), mars 1996. Cet ouvrage reproduit tous les documents rassemblés au Mexique, concernant le séjour de Breton en 1938.
Octavio Paz, Estrella de tres printas, André Breton y el surrealismo, Mexique, Mexico, Editorial Vuelta ("Las Insulas extrañas"), Presidente Cananza, Coyacán 210, Mexico 04000 DF, 1996, 132 pp. Couverture : André Masson.
Exposition :
Emiliano Gironella-Parra : Et circo de Ojos : "Homenaje a André Breton por el centenario de su nacimiento", 13 fév. 1996, Mexique, Mexico, Ambassade de France, Centre cultural Casa Lamm.
Péret, Paz et Gerzso
Bel hommage à l'auteur d'Air mexicain que ce petit livre en espagnol qui réunit trois amis : Péret, Paz et Gerzso. Le texte de Paz, écrit en 1959 après la mort de Péret, a été publié pour la première fois dans Les Lettres nouvelles du 7 octobre 1959 et je me souviens avoir circulé des semaines dans Paris avec la petite revue jaune dans la poche de mon duffle-coat sans arriver à pouvoir m'en séparer. Lourdes Andrade réussit à condenser le parcours d'une vie en quelques pages ferventes qui fournissent des informations inédites sur le séjour de Péret à Mexico.
(Jean-Michel Goutier, n° 6, septembre 1996)
Benjamin Péret : " Pulqueria quiere un auto " y otros cuentos, Editorial Vuelta, Mexico, 1996. Introduction : Octavio Paz. Traduction : Ida Vitale. Dessins : Gunther Gerzso. Postface : Lourdes Andrade.
Le concours Lépine vu par Péret
Le deuxième numéro de Trois cerises et une sardine réédite un texte de Benjamin Péret non republié dans ses Œuvres complètes : une analyse poétique du concours Lépine, illustrée joliment par des photographies de Brassai et publié dans le magazine Vu du 4 octobre 1933. Dans le même numéro, deux portraits photographiques de Péret et de Remedios Varo, durant leur exil forcé à Mexico. Le photographe n’est autre que le peintre Gunther Gerzso dont une œuvre complète ce numéro d’été.
(Richard Walter, n° 6, septembre 1996)
Trois cerises et une sardine, n° 2, juin 1996, 4 pp., présentation par Édouard Jaguer, bulletin publié par l'Association des Amis de Benjamin Péret, 14, rue d’Orchampt, 75018 Paris.
Le Déshonneur des poètes à 10 francs
Après Les Rouilles encagées (Infosurr, n° 2), un nouveau titre de Benjamin Péret est publié aux éditions Mille et une nuits, qui ont réinventé le format de poche avec leurs livres à 10 francs. 10 francs pour Le Déshonneur des poètes ET La Parole est à Péret, textes majeurs s'il en est, ainsi promis à une large diffusion, c'est un rêve, un événement dont il faut absolument se réjouir.
Notre enthousiasme est cependant légérement tempéré par la chronologie jointe à la postface (honnête) de Joël Gayraud ; comment, alors que le travail a été fait, et fort bien fait, dans les notices des différents volumes des Œuvres complètes, peut-on : écrire froidement qu'en 1935 Contre-Attaque a été créée par Georges Bataille et Boris Souvarine ?, inventer un séjour de Péret au Mexique en 1938 après la création de la F.I.A.R.I. ? , avancer que Le Déshonneur des poètes a été publié à Mexico (on sait qu'il s'agit en fait de " K éditeur " à Paris) ?, affirmer qu'à partir de 1948, " durant les dernières années de sa vie, Péret participe à toutes les activités du mouvement surréaliste ", ce qu'il n'a jamais cessé de faire auparavant ?, oublier la participation de Jean-Louis Bédouin au film L'Invention du monde, qui ne devient plus que l'œuvre du seul Michel Zimbacca ?, oublier le dernier voyage au Brésil de 1956 ? Cela fait tout de même trop d'approximations pour une simple chronologie, même anonyme.
(Dominique Rabourdin, n° 7, octobre 1996)
Benjamin Péret, Le Déshonneur des poètes, suivi de La Parole est à Péret, Paris, Mille et une nuits, 1996, 10 FF.
Essais sur le Mexique et le surréalisme
Lourdes Andrade, dans son recueil d’essais Para la desorientacion general, parle du surréalisme avec une intelligence et une sensibilité qui font défaut à la plupart de ceux - journalistes ou universitaires - qui se mêlent, en France tout autant qu'au Mexique, d'aborder ce sujet pour lequel ils ne sont manifestement pas faits ! Tous les textes de Lourdes sont écrits avec passion. Elle aime les œuvres qu’elle évoque, elle se sent solidaire des recherches et des aventures vécues notamment par les femmes : on sent une étroite complicité entre l'auteur et Aube Breton, Leonora Carrington, Alice Rahon ou Remedios Varo. Elle sait allier en permanence la sûreté du jugement intellectuel au critère interne, infaillible détecteur d'authenticité... Le livre de Lourdes Andrade lui-même est une pierre supplémentaire apportée au collier de charmes exercés par le Mexique sur l'imagination poétique.
Autre livre de Lourdes Andrade, Remedios Varo, Las metamorphosis est un très joli petit livre, comprenant 32 reproductions en couleurs d'œuvres de Remedios Varo, précédées d'une étude biographique de Lourdes Andrade et d'un article de Remedios " Para provocar suenos eroticos ".
(Claude Courtot, n° 8, novembre 1996)
Lourdes Andrade, Para la desorientacion general, " 13 essais sur le Mexique et le surréalisme ", Mexico, Editions Aldus, 1996, 190 pp. Préface : José Pierre.
Lourdes Andrade, Remedios Varo, Las metamorphosis, Mexico, Collection Circulo de Arte, 1996. Production : Conseil national pour la culture et les arts.
Salamandre d’Alice Rahon
Une anthologie de poèmes d’Alice Rahon, avec des extraits de trois recueils : À même la terre (1936), Sablier couché (1939) et Noir animal (1941). Un très joli petit livre, nécessaire.
(Claude Courtot, n° 12, avril 1997)
Alice Rahon, Salamandra - Salamandre, version bilingue (espagnol et français), Mexico, éditions El Tucan de Virginia, 1996, 78 pp. Prologue : José Pierre. Préface et traduction : Lourdès Andrade.
Autour de Diego Rivera (1) - Les Écrits sur l’art
Les Écrits sur l’art de Diego Rivera rassemblent des témoignages et des textes critiques et historiques sur l’art mexicain écrits entre 1916 et 1949 par le peintre mexicain. Malheureusement le lecteur pourra difficilement apprécier cet ensemble de textes. L’absence d’introduction et de notes empêche de comprendre le parcours chaotique, les revirements et les confusions de l’artiste mêlé à une histoire politique et artistique complexe. Après avoir accueilli Léon Trotski au Mexique, il rompit avec ce dernier et se rallia piteusement, après avoir fait grand tapage, au parti stalinien. Fort ironiquement, le dernier texte du recueil est intitulé " Les Judas ", il s’agit en fait d’objets d’art populaires.
On ne comprend pas le choix de la traductrice qui a su cependant éviter de publier les outrances verbales du peintre. Plus stupéfiant : le Manifeste pour un art révolutionnaire indépendant est attribué à Trotski et.... Rivera dans une traduction de l’espagnol, alors que le texte, rédigé par Trotski et André Breton, fut originellement publié en français en 1938 (mais avec la signature de Rivera à la place de celle de Trotski pour des raisons tactiques) et, depuis, régulièrement repris dans sa langue originale dans toutes ses rééditions ultérieures. Le résultat est grotesque.
(Gérard Roche, n° 14, juin 1997)
Diego Rivera, Écrits sur l’art, Ides et Calendes (" Pergamine "), 1996, 284 pp., 17x12,5 cm., 120 FF., Evole 19 CP 752, 2001 Neuchâtel, Suisse. Édition et traduction : Catherine Ballestero.
Autour de Diego Rivera (2) - Diego Rivera par Andrea Kettenmann
Diego Rivera par Andrea Kettenmann est un parcours dans la vie et l'œuvre de Rivera : une œuvre protéiforme connue surtout par ses fresques murales ; une vie qui accompagne tous les soubresauts de la politique mexicaine et internationale, des années 20 aux années 50. On y croise Frida Kahlo, Tina Modotti, José Clemente Orozco, le mouvement des " muralistes " (une " idéologie communiste pour des commanditaires capitalistes ") mais aussi David Alfaro Siqueirios, l’un de ceux qui attentèrent à la vie de Trotski en 1940. Rivera et ce dernier ont des parcours dissemblables dans leur engagement communiste : en 1929, quand le Parti communiste mexicain est interdit, Siqueirios séjournera en prison alors que Rivera, exclu de ce parti, passera quatre années d'exil aux États-Unis ; à son retour au Mexique en 1935, Rivera est qualifié par le P.C.M. de " contre-révolutionnaire ", son accusateur n’est autre que Siqueirios ; en 1954, Rivera réintègre le P.C.M. et, avec Siqueirios, illustre les Canto general de Pablo Neruda.
Ce livre aborde rapidement l'engagement de Rivera avec l'Opposition de gauche américaine (en 1936, Rivera est membre de la Ligue communiste internationale) et sa rencontre avec Trotski (qu'il fera venir au Mexique grâce à son intervention auprès du président mexicain Cárdenas) et avec Breton. Deux des toiles de Rivera sont qualifiées de peinture d'inspiration surréaliste (L'Arbre avec gant et couteau et Les Mains du Dr Moore) ; elles ont d'ailleurs été exposées à l'Exposition surréaliste internationale de Mexico (1940). Mais l'auteur de cette monographie - avec une riche iconographie et un prix très modique - préfère célébrer un artiste national et son importance dans la vie artistique mexicaine.
(Richard Walter, n° 14, juin 1997)
Diego Rivera : Rivera d’Andrea Kettenmann, Taschen, 1997, 30x23 cm., 96 pp., 52,50 FF., 17, rue de Buci, 75006 Paris.
Un documentaire sur Tina Modotti, sa vie et ses photos d'Élisabeth Weyer a été diffusé sur Arte le 16 avril 1997.
Air mexicain
À Mexico est réédité en fac similé le poème de Benjamin Péret illustré par Rufino Tamayo, édité en 1952 à 274 exemplaires à Paris par Éric Losfeld et d’une extrême rareté. Les éditeurs ont reproduits l’exemplaire dont ils disposaient à Mexico, l’exemplaire n° 1 appartenant à Tamayo, qui offre la particularité, du moins je l’imagine, d’être beaucoup plus grand de marges et dont les quatre lithographies en couleur sont rassemblées à la fin du texte au lieu d’y être normalement intercalées. Le résultat est néanmoins d’une grande qualité.
(Dominique Rabourdin, n° 18, décembre 1997)
Benjamin Péret, Air mexicain, 1996 (imprimé en avril 1997), Editorial Aldus, 92 pp., Obrero Mundial 201, Col. del Valle, 03100 Mexico DF, Mexique. Illustrations : Rufino Tamayo. Préface : Jean-Louis Bédouin (" Benjamin Péret en Mexico, O la mirada del poeta "). Traductions : José de la Colina (pour le poème), Glenn Gallardo (pour la préface).
Luis Buñuel
Le cinéaste surréaliste par excellence est analysé par les étudiants sur le surréalisme mais aussi par ceux qui s’occupent de cinéma. Pour les seconds, une étude critique de Charles Tesson apporte l’essentiel sur le cinéaste. La filmographie et le style de Luis Buñuel sont sobrement analysés, sans le verbiage que l’on retrouve trop souvent dans les études cinématographiques. Ce qui ne dispense pas de lire Luis Buñuel d’Ado Kyrou.
Pour découvrir un versant méconnu de l’œuvre de Buñuel, Films sans frontière vient de rééditer en cassette vidéo quelques films que le cinéaste réalisa au Mexique, entre 1946 et 1954. Ces œuvres de commande, destinées à une consommation locale, recèlent quelques touches du Buñuel de L’Âge d’or, spécialement La Montée au ciel, voyage initiatique d’une jeune homme en autocar : de séquences oniriques en gag ravageurs, c’est un bel appel à la liberté d’action de l’être humain. Même dans le mélo, la thématique buñuelienne arrive à se faufiler.
(Richard Walter, n° 21, avril 1998)
Luis Buñuel : El, Luis Buñuel, étude critique de Charles Tesson, Nathan (" Synopsis " ; n° 26), 1996, 126 pp., 18x13 cm., 49 FF., 9, rue Méchain, 75676 Paris cedex 14.
Luis Buñuel : Susana la perverse (Susana, demonio y carne), 1950, 82 mn. ; Don Quintin l’amer (La Hija del engaño), 1951, 78 mn. ; La Montée au ciel (Subida al cielo) 1951, 71 mn., Films sans frontières vidéo (" Auteurs "), version originale sous-titrée, format SECAM, 160 FF. chacune.
Enrique Molina vu par Ludwig Zeller
Écrit primitivement comme " introduction " à une anthologie poétique d’Enrique Molina sélectionnée par Ludwig Zeller pour les éditions Aldus de Mexico, sous le titre Los trabajos de la poesia, ce poème a finalement été publié sous le sigle des éditions Oasis, que nous n’avions plus vu depuis quelques années, Ludwig Zeller – leur fondateur – et son épouse Susana Wald ayant quitté dans l’intervalle le Canada pour le Mexique. (Sur Enrique Molina, cf. Infosurr, n° 9, p. 6).
(Édouard Jaguer, n° 21, avril 1998)
Enrique Molina : Enrique Molina, poeta par Ludwig Zeller, Edicion homenaje ; Oasis (Oaxaca, Mexique), 1997, 16 pp., 27x21 cm. Couverture et illustrations (deux dessins) : Victor Chab.
Antonin Artaud
Sous le titre Messages révolutionnaires, sont réédités les articles et conférences d’Antonin Artaud, écrits ou prononcés lors de son séjour au Mexique. C’est un violent parti pris pour la révolution mexicaine et un rejet de la culture européenne. Au lieu de copier l’Europe, c’est le Mexique qui doit plutôt révéler son secret. Avec la rage qui lui est coutumière, Artaud affirme :
" La culture rationaliste de l’Europe a fait faillite et je suis venu sur la terre du Mexique chercher les bases d’une culture magique qui peut encore jaillir des forces du sol indien. "
On trouvera aussi dans cet ouvrage ce que fut pour Artaud le surréalisme et aussi tout ce qui l’en sépare. Un souffle lyrique à la mesure de cette terre rouge mexicaine qui fascina aussi André Breton.
(Gérard Roche, n° 23, juin 1998)
Antonin Artaud, Messages révolutionnaires, Gallimard (" Folio essais " ; n° 320), avril 1998, 202 pp., 18x11 cm., 35 FF., 5, rue Sébastien Bottin, 75341 Paris cedex 07. Première publication : Gallimard, 1971.
Cartas, suenos y otros textos de Remedios Varo
Ce petit volume, joliment édité par Era (qui fut jadis le coéditeur avec Filipacchi de mon propre ouvrage sur la peinture de Remedios) contient un certain nombre de lettres, récits de rêves et textes divers de l’artiste, y compris De Homo Rodans, unique texte publié par Remedios de son vivant, et un projet d’œuvre théâtrale où s’affirme une fois de plus la parenté d’inspiration avec Leonora Carrington. Tous ces textes sont en espagnol, sauf quelques paragraphes " en français dans le texte " de Remedios, dont nous ne pouvons résister au plaisir de citer quelques lignes, qui donnent assez bien le ton de l’ensemble :
" Soudainement il est arrivé quelque chose de terrible. Au moment où je jouais la note si et juste quand j’allais passer a une autre octave dans un ton légèrement plus grave, le chat a miaullé et quelqu’un qui passait devant la fenetre a projeté son ombre sur la table d’experimentation et sur les substances que j’avais déjà émulsionées. Ces substances se sont separées laissant une minuscule petite particule brillante, une sorte de perle qui est partie par la fenetre comme une flèche, s’élevant dans l’espace et disparaissant rapidement de ma vue : Mais ce qui est terible c’est qu’elle a traînée derrière elle d’une façon permanente un fil d’atmosphère terrestre. "
Imaginez ce qu’il en advient ou commandez le volume à Mexico ! (Bien sûr, nous avons conservé à la citation de Remedios son orthographe " originale ").
(Édouard Jaguer, n° 25, septembre 1998)
Remedios Varo, Cartas, suenos y otros textos, Era, 1997, 136 pp., 21x14 cm., Oaxaca 1, 10700 Mexico D.F., Mexique. Couverture (en couleurs) & 8 Illustrations (6 en couleurs) : Remedios Varo. Édition & Introduction : Isabel Castells.
Gordon Onslow-Ford et Philip West à la Fondation Granell
" Onslow-Ford tend à décrire un monde où se disjoignent les derniers angles clairs du cubisme. Son compas de marine est réglé de manière à lui permettre de faire face à toutes les variations de l’inclinaison magnétique sur le plan humain plus mouvant que les vagues. "
C'est en ces termes qu’en 1939 André Breton vantait l’apport percutant du jeune peintre anglais, apparu depuis peu dans la constellation surréaliste, à peu près en même temps que Matta, en compagnie duquel il se livre, à la pointe de Trévignon en Bretagne, puis à Chemilieu dans l’Ain, à d’étourdissantes joutes d’ " automatisme absolu ". Puis ce sera la guerre et l’exil au Mexique, où Onslow-Ford et son épouse Jacqueline Johnson aident Wolfgang Paalen à publier la revue Dyn. De toute cette effervescence, de la création ultérieure du groupe " Dynaton " avec Paalen et Lee Mullican, comme de tout ce qui a suivi depuis maintenant quarante ans qu’Onslow-Ford s’est fixé à Inverness, en Californie, l’exposition et le catalogue de la Fondation Granell (cf. Infosurr, n° 24) rendent parfaitement compte, à travers un choix qui montre les diverses phases de son équipée, depuis les " coulages " à l’émail Ripolin de 1939 jusqu’aux étoiles éclatées des toutes récentes peintures acryliques. Montagnes transparentes, pierres qui rêvent, savanes du monde intérieur, telle est aujourd’hui comme hier, la " peinture spontanée " de Gordon Onslow-Ford. […]
(Édouard Jaguer, n° 27, novembre 1998)
Autour de Gordon Onslow-ford
Konstruction von Kunstgeschiste I : si nous avons bien compris le dessein des organisateurs, il s’agit d’une exposition destinée à établir le rôle précurseur qu’ont joué Gordon Onslow-Ford, Lee Mullican, Wolfgang Paalen, les trois peintres du groupe " Dynaton " (issu de la revue Dyn), par rapport à la genèse de l’abstraction expressionniste en Amérique. L’affichette-dépliant comporte un texte anonyme en allemand, les biographies (Lee Mullican, né en 1919, étant d’ailleurs décédé cette année à Santa Monica, en Californie) et une grande photographie des trois artistes.
(Édouard Jaguer, n° 27, novembre 1998)
Gordon Onslow-Ford, Lee Mullican, Wolfgang Paalen, Konstruction von Kunstgeschiste I, 24 septembre - 1er novembre 1998, Albrecht Dürer Gesellschaft, Füll 12, 90403 Nuremberg, Allemagne.
Péret dans les Archipels du surréalisme :
L'Association des Amis de Benjamin Péret.
Des informations partielles et parcellaires sur le surréalisme au Mexique.
Un ami de Péret, Octavio Paz : Octavio Paz dans Infosurr.
Les Archipels du surréalisme
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